L'amérique latine rurale à vélo

Le bazar (photos, dessins, réflexions hautement intelligentes)

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jeudi 3 septembre 2009

La fin ?

Et voilà, ça devait bien arriver un jour...

Après avoir voyagé à vélo dans dix pays (Brésil, Uruguay, Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie, Mexique, Cuba), j'ai fini mon voyage comme prévu (enfin....) à Santiago de Cuba. C'était le 25 août 2009. J'étais parti le 16 octobre 2008. Putain de voyage.

Le compteur indique 10665km, et j'ai dû faire (malheureusement) à peu près la même distance en bus et en stop.

Mais je vous raconterait plus tard. J'ai encore beaucoup à écrire, en commençant par Cuba ! Ce blog n'est donc pas fini. Mes voyages non plus. Et j'ai pris un grand plaisir à écrire ici et à être lu, peut-être continuerai-je sur d'autres sujets ?


Petite annonce : du 4 au 6 septembre, petite fête près de Fontainebleau, vous êtes les bienvenus, amis lecteurs ! 06 70 77 53 39

mardi 16 juin 2009

Pause blogging, gros saut vers le nord

Oui, pas grand chose de neuf dernièrement sur ce blog. Vous affolez pas, ça va arriver. Bande annonce rien que pour vous :

  • Visite du Machu Picchu. Un endroit exceptionnel, vraiment.
  • Cuzco - Lima - Huaraz (petite rando) - Trujillo en bus (je ne veux plus compter les heures, mais cumulé je dois en être dans les 50 dernièrement)
  • Pause à la casa de ciclistas de Trujillo : la légendaire hospitalité de Luís "Lucho" Ramirez d'Angelo n'est pas qu'une légende. Rencontré des tas d'autres cyclovoyageurs les uns plus tarés que les autres (tel ce prêtre brésilien de 65 ans faisant le tour du monde en vélo couché...) et entendu des histoires de voyageurs passionantes.
  • Bus encore.... 30h plus tard, arrivé à Quito, Equateur, d'où je vous écris. Je repars pour un petit bout à vélo : ça serait dommage de ne pas traverser la ligne d'équateur de cette façon là !

A venir, comme qu'on dit.

P.S. : En fait, le père Valdo, il a vraiment un style impayable, on dirait un mix d'abbé Pierre et de Léonard da Vinci sur un vélo couché, je peux pas résister à mettre une photo :

dimanche 31 mai 2009

Niouzes en vrac...

Correctif : oups, l'émission Allô la Planète commence en fait à 23h15...


.... En attendant que je vous explique plus en détail le trajet La Paz - Cuzco, qui n'était pas super folichon (et en plus j'ai pris que des photos de merde). Oui, je suis a Cuzco.

D'abord, la nouvelle du jour pour laquelle je me lance dans un billet. Julien Rihani et moi même passerons dans l'émission Allô la Planete sur France Inter, lundi 1er juin 23h30-1h heure francaise. Voila voila. Si vous ne pouvez vraiment pas être a côté de votre transistor a c't'heure la, c'est très très grave mais on peut aussi réecouter les emissions après coup sur internet, j'actualiserai ce billet avec un lien.

Après, histoire de rigoler, je ne savais pas, mais j'ai voyagé avec une célébrité syndicale. La mere d'Antoine, un de mes nombreux lecteurs, institutrice, m'envoie ceci, c'est extrait de "fenetres sur cours", LE magazine syndical de réference des Professeurs des Ecoles : Raph dans fenetres sur cours (cliquez pour amplifier)

[Vous pouvez relire le portrait de Raph par ici. En parlant de collègues, Jeff a enfin recu ses nouvelles jantes de 700 a La Paz, le voila donc paré pour partir traverser l'Amazone en diagonale et a vélo sur la route-que-personne-ne-connait. Au programme pour lui (enfin, personne ne sait, on ne fait que deviner, c'est ca qu'est rigolo) : gros latifundios du Mato Grosso en mode far-west avec armee privée et travail a la limite de l'esclavage, defrichements d'Amazone sauvages le long de la route, vraie forêt vierge, trafiquants divers, indiens pas contents, route dans un état surement déplorable, moustiques (donc possiblement fievre jaune, palu, dengue), etc. On lui souhaite bien du courage. Si vous avez d'autres suggestions de dangers/emmerdements, envoyez-lui un message sur crazyguyonabike.com, ça lui fera plaisir.]

Et puis, allez, je vous dévoile le programme pour le reste du voyage, pour avoir votre avis. Voila la situation. Il ne me reste que trois mois. C'est peu (très). Je veux quand meme aller jusqu'a Cuba, et achever le projet qui consistait à traverser l'amérique latine dans son intégralité. L'idee est donc de choisir quelques zones pour prendre mon temps en voyageant à vélo, et tracer en bus sur le reste. Les zones en question seront : Colombie, Guatemala et Yucatan, Cuba. Plus precisément :

  • tant que je suis dans le coin, je vais quand même visiter le Machu Pichu, je partirai tout seul à pied, j'ai des plans pour éviter le train pour touristes ultra-cher et les tours opérators qui vendent le "chemin de l'inca".
  • Aprés, grooooos saut en bus/stop pour la Colombie. Pit-stop a Lima (Diane, une amie, me ravitaille avec des tablettes de chocolat francaises !!), le bijour a la mythique casa ciclista de Trujillo, enfin peut-être un jour ou deux a Quito, Equateur.
  • J'arrive a Bogota vers le 15 juin et je cycle la Colombie, d'abord a l'interieur des terres puis en longeant la côte de Santa Marta a Carthagène. Peut-être même pas tout ça, à voir. Ce sera jusqu'au 5 juillet à peu près. Alors, je sais, la Colombie c'est super dangereux et tout, mais en fait seulement dans certaines zones (genre la jungle occupee par les Farc), je vais bien demander avant où ne pas aller et éviter d'etre aussi con que la Bétancourt. Sinon, tous les voyageurs rencontrés m'assurent que c'est le pays le plus sympa et accueillant par lequel ils soient passés. Or je commence a en avoir un peu ma claque de l'altitude, du melange froid + UV agressifs qui font que mon nez ressemble a la vallee de la mort, des ponchos et des patates, alors là, la plage, la chaleur, le dodo en hamac sans sac de couchage -10ºC et trois polaires dedans, les gens ouverts et accueillants, rhââ, ça va faire plus que du bien.
  • Vient le moment cocasse : comment vais-je faire pour passer le Darien ? Le Darien, c'est le petit truc con qui fait l'effroi de tous les voyageurs : la region qui fait frontière entre la Colombie et Panamá. Ben ouais, ils ont été capables de creuser un canal pour reunir deux océans, construire une route panamericaine sur plus de 20 000 bornes qui relie presque l'ocean Artique a Ushuaia.... sauf sur 80 misérables bornes, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichie.... Mais pour le coup, Le Darien, c'est une region qui ne rigole pas : les indiens, la jungle epaisse, les trafiquants, etc, pour de vrai. Donc, les solutions pour passer en Amérique Centrale sont les suivantes :
    • L'avion : compter 200E environ, un vrai racket organise pour la distance et le traffic que cela représente. Et repaqueter/dépaqueter mon vélo, ça me saoule.
    • Le bateau : la même, mettre un ferry serait vraiment trop simple, donc la seule solution est de passer par des yatchs prives qui exploitent le creneau... pour aussi 300E. Mais un peu plus sympa quand même (sur quatre jours, bouffe incluse et arrêt dans des iles tropicales).
    • Et derniere solution : longer la cote en prenant des barques, espérer que les agents de l'immigration côté Panaméen veuillent bien me laisser passer, puis terminer par un petit avion direction Panama city, le tout coutant environ 150E mais avec le risque de rester bloqué, parfois une semaine, en attendant la barque ou l'avion...
    • Ah, oui, on entend toujours les histoires du mec qui a réussi à le traverser par voie terrestre avec un guide et une machette. Ben, euh, pas pour moi.
    • Moi je serai tente par la numero trois, ne serait-ce que le temps presse. Je pense donc prendre l'option deux.
  • Traversée de l'amérique centrale en bus et sans trop m'arreter a nouveau, jusqu'au Guatemala.
  • La on devrait etre le 15 juillet, je reprends le velo et j'explore la zone Maya, Guatemala, sud-Yucatan, pendant trois semaines.
  • Puis j'ai un vol de Cancun qui m'emméne a la Havane le 6 aout, et je pédale trois semaines a Cuba, jusqu'à Santiago de Cuba, fin du voyage annoncé !
  • Retour en France : vol La Havane - Cancun puis Cancun - Washington DC le 26 aout, Washington DC - Paris le 31 aout, atterissage a Roissy le 1er septembre. Le pretexte de l'escale Washington, c'est que les billets n'etaient pas chers, la vraie raison c'est qu'y habite un oncle chilien que je n'ai pas vu depuis 1995.
  • (la date pas sympa : rentrée des classes le 7 septembre)

Z'en pensez quoi ?

jeudi 23 avril 2009

Sucre, compatriotes, associations et masques

Toujours un petit retard à la publication, à cause des connexions internet à la bolivienne.. Je suis à Cochabamba, ce billet a été écrit au moment de repartir de Sucre

Je suis actuellement à Sucre, en plein élan de blogging comme vous pouvez le constater. M'hébergent Micael et Gaëlle, deux français bretons volontaires dans des ONG locales. Sucre est la fière capitale de la Bolivie - bien que le gouvernement soit à La Paz, allez comprendre. Pour une capitale, elle a tout de même des allures très provinciales, avec son centre-ville colonial où tous les bâtiments sont peints en blanc. Sinon, c'est une ville latino-américaine bien agitée, les bus usés klaxonnent et émettent des nuages de fumée, les trottoirs grouillent, il a l'air de toujours faire beau. Le plus gros problème de Sucre, c'est qu'on risque de ne pas en repartir : j'ai connu des touristes qui pensaient rester quelques jours et qui sont installés depuis plusieurs mois...

Sucre héberge une des plus vieilles universités du continent, une tripotée d'ONGs avec la meute d'expatriés-volontaires-gringos du monde entier qui va avec, des artisants qui vivent au jour le jour et qui brisent le coeur des "gringettes"... Donc hier soir, gros plaisir : soirée entre gaulois avec des tartines de paté et du saussiflard - la mère de Gaëlle, attentionnée, a envoyé un colissimo avec de la charcutaille sous vide du boucher du coin de son village breton - à faire des jeux de mots pourris dans la langue de Molière. Ça faisais longtemps... J'ai montré quelques photos de mon voyage, en tombant sur une photo de Max un des convives s'est exclamé : "mais je le connais ! je l'ai vu dans un bar vendredi dernier !" Pour ma part, la dernière fois que je l'ai vu avec son vélo, c'était en Patagonie... Allez, je parie que d'ici Cuzco on se retrouve sur les routes.

Je voulais partager avec vous quelques photos d'une exposition de masques que j'ai visitée au MUSEF (musée ethnographique et folcklorique de Sucre). La Bolivie a une culture exceptionnellement riche, qui se manifeste entre autres par les costumes de carnaval et ses masques. Bizarrement, cette exposition de masques m'a fait penser aux films de Hayao Miyasaki : les costumes exposés pourraient sans problème figurer dans la galerie d'esprits qui vont aux termes du Voyage de Chihiro, un des masques ressemble à l'esprit de la forêt de Princesse Mononoke... On peut aussi les raprocher, toujours en extrême orient, avec les masques des défilés du nouvel-an chinois. Il y a des rapprochements parfois troublants entre différentes cultures du monde : par exemple, pourquoi trouve-t-on des piramides en Amérique Centrale comme en Egypte ? Je faisais aussi remarquer à Ady, en Tunisie, que l'aspect et l'ambiance de certaines rues se ressemblait entre le maghreb et l'amérique latine.

Enfin, voilà les photos :

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Micael travaille chez Ñanta, une association qui s'occupe des enfants travailleurs de Sucre (qui cherche des volontaires, si ça vous tente ;-)). Il a, aussi au MUSEF, monté une exposition de masques faits par les enfants, et de photos de leur confection. Moi je dis, ça se voit que ces gamins ont des problèmes à la maison :

Et pour finir, dans la cour de la maison de Mickaël et Gaëlle :

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(Vous pouvez voir tous les masques si ça vous interesse là : http://www.flickr.com/photos/vinced... )

Anecdote rigolote, comme ça : les boliviens parlent espagnol à la Maître Yoda. Ils inversent toutes leurs phrases: "Content de te connaître, je suis. Cinq bolos coûte mon paquet de chips. Mon paquet de chips tu veux acheter ? " etc, etc. Autre anecdote : presque tous les bus ici sont des minibus japonais style Honda des années 80 qui ont été récupérés on ne sait comment. La plupart ont encore les noms des lignes écrits en japonais dessus...

Épilogue Sucréen : j'aurais dû partir hier, mais je me suis retrouvé à faire de l'assistance informatique pour à peu près la moitié de la communauté française de Sucre. "Mon Windows Vista y veut plus se lancer", "j'arrive plus à voir les fichiers sur cette clef usb avec Windows, je crois que j'ai un virus"... (En chantant) "heureusement qu'il y a Linux, Liii-nuuux". Or, ce faisant, une jeune fille (charmante) nommée Emilie m'a dit : "ah, tu voyages à vélo, justement y'à deux français qui font de même et qui sont descendus à l'hospedage Dolce Vita". Ces deux compères s'avérant être... Max, le barbu de Patagonie, et Raph, un ami à lui. Sisi. Le monde est petit. Après quelques bières au Loco's hier soir, nous décidâmes de partir ensemble aujourd'hui en direction de Cochabamba. Ils étaient accompagnés d'une espagnole qui a décidé de finalement rester quelques mois à Sucre, et Micaël et Gaëlle cherchaient justement une nouvelle collocataire... Le monde est bien fait.

lundi 13 avril 2009

Bus, bus, bus...

Hop hop. Santiago - Buenos Aires, 20h. Mais que suis-je allé faire a Buenos Aires, vous demandez vous ?

Trois jours plus tard, de nouveau au terminal de bus central de BsAs. Je pars d'ici trois heures. Au programme : 30h de bus jusqu'a la frontiere avec la Bolivie, a la Quiaca, puis de la j'essaierai de trouver un bus pour Potosí (une dizaine d'heure si tout va bien).

J'ai de la lecture. J'ai de la musique. Ca ne peut pas etre pire que les dizaines d'heures de thermodynamique de Mme Davant.

Il va sans dire, la Mule est dans la soute (a Santiago, c'etait un supplement bagages officiel, a BsAs ca s'est réglé avec un petit pot de vin). Je vous revele donc en avant premiere internationale la feuille de route pour le mois - mois et demi a venir : départ de Potosí a 4000 metres d'altitude, passage par Sucre et Cochabamba a travers la cordillere, redescente et arrivee a La Paz. Ensuite, je verrai.

Il est tres possible que ces plans soient susceptibles de changements, l'ensemble tres haute altitude + relief mechant sur plusieurs centaines de kilometres + routes non asphaltées n'est pas forcement un combo gagnant. Dans ce cas, je "redescendrai" sur l'altiplano, a 3000 metres.

Oh, une carte :

jeudi 2 avril 2009

Boîte de réception #2

Deuxième fois que j'use honteusement du copier coller pour remplir ce blog. Là, copies d'interventions que j'ai faites récemment sur rue89, un site web d'actualités et de débat.

Sur : Au programme du Yéti (3) : les services publics ressuscités, un article faisant des propositions concernant les services publics français

"Salut le Yéti,

Je t'écris d'un des pays les plus privatisés aux mondes, là où la Vénus de Milo faite cul de jatte pourrait compter les services publics sur ses appendices. J'ai nommé le Chili. Je vais un peu expliquer comment ça se passe ici pour pouvoir comparer avec la France.

(Bref rappel historique : 11 septembre 1973, Pinochet renverse par un coup d'état Salvador Allende, et laisse aux commandes économiques les « Chicago Boys » , qui voient dans le Chili un parfait laboratoire pour appliquer les thèses néo-libérales alors en gestation. 2009 : après dix-neuf ans de la « gauche » au pouvoir, presque rien n'a changé sur le thème économique, c'est privé à tout va et on aime ça.)

Alors, ici, ce qu'il y a de privé : l'éducation bien sûr, des écoles à l'université, la santé, les routes, les plans de retraite, les télécommunications, l'eau, l'électricité... En bref, tout. Y'à bien l'armée et la police qui sont publiques, et le cuivre, j'y reviendrais. Mais si ils pouvaient faire louer les navires de guerre à une compagnie privée, ils le feraient. Petit exemple : à Santiago, ils ont décidé de mettre fin à l'anarchie des transports en autobus pour les remplacer par un système propret à l'européenne bus+métro, avec un projet appellé le Transantiago. Seul hic : ils ont choisi de faire sous-traiter le bidule par une mosaïque de sociétés privées au lieu de faire une grande société publique type RATP, non, ici on ne mange pas de ce pain communiste là. Ce fut un énorme raté et un bordel innommable - Bachelet a failli sauter sur le coup - la conclusion des chiliens étant que les trucs organisée par l'état, bof bof. Sinon, l'état tire ses revenus de l'exploitation des mines de cuivre par une entreprise publique, Codelco. Ben croyez-vous le ou pas, ils veulent privatiser Codelco. Pourquoi ? Mais, parce que ce sera plus efficace, bougre de dieu !

Qu'est ce que ça donne ? Faut admettre un truc, d'un point de vue PIB/croissance, le Chili est un pays qui marche d'enfer. Pas comme le voisin argentin nostalgique des grandes années du péronisme... La faim et l'extrême misère sont très limitées. Et y'à d'autres trucs pas mal. Les routes (à péage) sont parmis les meilleures du continent. Ils ont quand même un certain don pour encadrer correctement le fonctionnement des marchés, le système légal marche bien et y'à pas trop de corruption. Mais par contre, voilà les inégalités sociales, hein. Le Chili est un des pays les plus inégaux au monde. Une petite strate de privilégiés a vraiment les moyens de consommer, le fait à fond les manettes, et le reste travaille pour eux. Par exemple, avoir une bonne à domicile 7j/7 est normal pour quelqu'un de classe moyenne-haute. Et la quantité de petits jobs qui ne servent à rien est impressionante : là où chez nous on automatise une tache ou on la fait nous même, au Chili y'à un prolo qui s'y colle, c'est tellement pas cher la main d'oeuvre... Par exemple, point d'interphones ni de digicodes dans les immeubles, chers à installer : mieux vaut avoir une équipe de 3 concierges qui se tournent pour être présents derrière la porte 24/24. Et l'ascenceur social, tu peux te le carrer où je pense. La conscience d'appartenance à telle ou telle classe sociale est très forte, c'est incroyable. Le genre où les employés regardent respectueusement leurs chefs en disant « si Señor », où l'idée de tutoyer quelqu'un ne venant pas de ta classe sociale reste relativement incongrue, alors aller prendre une bière ensemble...

A côté de ce léger problème de structure sociale, il y a aussi les ententes illicites et les monopoles ou oligopoles privés. Genre, les tarifs du téléphone : 50€/mois rien que pour avoir la ligne chez soi. L'entreprise c'est Telefonica, le fameux opérateur espagnol. Ou le coup de la retraite. En fait, j'ai triché, plus tôt dans le post. La retraite n'existe presque pas au Chili. On continue à taffer presque jusqu'à la fin de sa vie. Ne plus travailler est limite mal vu.

Tout ça pour dire que vu d'ici, la France me paraît un paradis socialiste. Il faut absolument conserver notre système social basé sur les services publics. C'est ce qu'on a de plus important. Merde, ça serait vraiment trop moche que comme dans pas mal d'autres pays, quand t'as un cancer et pas de thunes, tu n'aies plus qu'à crever. Ou que ce soit presque décidé dès ta naissance si tu vas étudier ou pas.

Deux cas, quand même, pour dire que parfois les services publics français ne sont pas toujours tops. Premier cas, les télécommunications. On a dû attendre que Free débarque pour voir le débit internet grimper et les prix fondre. Deuxième cas, les transports intervilles. La SNCF en a le monopole et les sociétés d'autocars sont interdites. Ben tudieu, que c'est cher de se déplacer dans notre hexagone, surtout sur les itinéraires où y'à une ligne de TGV qu'on est obligés de prendre.

Les deux services publics sur lesquels on doit mettre la patée sont donc la santé et l'éducation, pour des questions de justice sociale. Mais il faut que les gens en France se rendent compte de la chance que l'on a. Eh, notre pays est vraiment super bien, arrêtez de tirer la tronche ! Et si il faut faire des sacrifices pour conserver ces services publics, qu'on les fasse - par exemple, je vois d'un mauvais oeil que les comptes de la sécu & co soient déséquilibrés : ça donne des arguments à la droite pour brader tout ça.

Et au final, ce n'est pas vraiment une question de coûts. C'est une question de répartition. Un chilien me disait : « c'est bien beau ton système de santé public, mais tu sais, ici on n'a pas l'argent.... » Ben quand je vois le luxe et l'argent claqué dans les cliniques privées, et à côté la dèche du système public de santé - oui, y'à quand même un simili système public de santé et d'éducation - je me dis qu'en mettant tout en commun ils pourraient arriver à une couverture santé convenable pour tout le monde..."

En réponse à "mon petit doigt", qui critiquait un micro cŕédit permettant à des paysans africains et asiatiques d'élever des animaux. "Mon petit doigt" pronait plutôt "l'agriculture vivrière" et le végétarisme :

" « Développer une agriculture vivrière serait plus judicieux » : l'agriculture vivrière est basée justement sur une association étroite polyculture-élevage. L'élevage peut difficilement être retiré du système des agricultures paysannes, il sert aux transferts de fertilité, c'est une force de travail, un portefeuille ambulant, fournit des aliments richement protéinés, s'insère correctement dans le calendrier de travail, valorise des ressources diffficilement exploitables autrement...

L'élevage, inséré dans un système de production intelligent, peut même être positif environnementalement. Ne prenons que la production de fumier, qui évite en partie de se passer d'engrais chimiques... Les problèmes que vous dénoncez sont vrais pour l'élevage industriel. Mais les cultures intensives font aussi des dégâts importants...

Autant avec l'agriculture industrielle de nos jours un céréalier de la Beauce (pour prendre un cliché) n'a plus besoin d'avoir une paire de boeufs, un cheval, quelques moutons, un petit poulailler, des lapins dans des cages, etc, autant je crois que le paysan africain fait la gueule si vous lui dites que c'est une mauvaise chose qu'il ait des animaux.

Quand au végétarisme, on pourrait partir dans des débats interminables là dessus, mais je doute que d'ici peu tout le monde fasse le choix d'être végétarien, ni que ce soit quelque chose de souhaitable de bannir du régime alimentaire de l'humanité tous les produits animaux."

Sur : Bertrand Burgalat (un musicien indépendant) : "pourquoi je soutiens la loi Hadopi"

"J'aurais bien aimé que le mec, avec les mêmes arguments, les mêmes constats, termine par « .... et voilà pourquoi je m'oppose à Hadopi, qui conserve le statut quo actuel qui emmène doucement les petits producteurs et créateurs à leur perte au lieu de permettre la réflexion sur une nouvelle façon de promouvoir et financer la création artistique ».

- « Les gens en marge seront laminés ? » Mais c'est déjà le cas et si on ne change rien (comme avec HADOPI) ça ira de mal en pis ! - « Une loi faite pour ne pas être appliquée » ? Voilà qui ne contente personne et ne sert à rien ! - « Une pyramide de profits complètement inversée » : et une license globale, par hasard, ça ne permettrait pas d'éviter la marge honteuse que se font les distributeurs ? - « Une logique de gloutonnerie » : depuis que je « pirate », j'ai plutôt l'impression de mieux choisir ce que j'écoute et d'écouter des trucs plus pointus (albums entiers) au lieu d'avoir l'actitude passive et consumériste du mec qui laisse NRJ 24/24 diffuser les mêmes tubes en boucle... Les meilleurs artistes que j'ai découvert sont ceux pour lesquels un pote m'a subrepticement glissé un album sur ma clef mp3. Quand on n'est pas mis en tête de gondole à la fnac ou diffusé sur les radios, pourquoi s'opposer au meilleur bouche à oreille qu'il soit ?

Quand à son flip rapport à la licence globale, faut voir que c'est juste une manne financière, et qu'après il reste à discuter sur quelles modalités la distribuer - pourquoi les « petits » artistes, qui sont la majorité, ne sauraient tirer leur épingle du jeu ?"

Sur : Morano veut savoir qui l'insulte sur le Net (Nadine Morano a demandé à Youtube de fournir les adresses ip d'internautes l'ayant insulté sur ce site. Indignation des internautes de gauche qui dénoncent un flicage et une censure du web)

"Ben, là.... Franchement, je trouve que c'est justifié. Sûrement pas ce qu'il y a de plus urgent, mais ça se justifie.

Quoi, ça me saoule ceux qui vivent Internet comme un monde virtuel, qui disent nawaque et ne l'assument pas. Faut se rendre compte que les idées, les dires, même à travers un écran, sont réels. Et ça me saoule encore plus les gens qui insultent grossierement les personnes sans que ça n'ait rien à voir avec les idées ou l'action politique et publique. C'est la différence entre dire : « t'as une politique d'enculé » (acceptable, pas fin mais ça a le mérite d'être imagé, je suis moi-même grossier quand ça sert les dires) et dire « mec t'es un enculé » (là, un bon procès au cul ou au défaut un poing dans la gueule, c'est mérité). Vous condamneriez quelqu'un qui se plante physiquement en face de la Morano et qui lui eructe à la tronche un truc du genre « t'es qu'une pauvre **** et ta mère je la **** ». Ben oui. Je vois pas pourquoi vous faites une différence avec le net.

Et ça n'a rien à voir avec les libertés numériques que je défends ardemment. Dans ces libertés, y'a la liberté à la vie privée, et ne pas voir sa soeur ou sa mère bassement attaquée en fait partie. Non, aller chercher le mec en vrai quand il part en sucette, et pour ça devoir demander des adresses IP, pourquoi pas. Par contre, le flicage à priori, quand aucun délit n'a été constaté, non mille fois - et non à HADOPI !"

Deuxième message après avoir été critiqué sur cette dernière intervention :

"Juste, pour ceux qui ne sont pas d'accord avec ce que je dis, petit copier coller de Youtube pour re-situer le débat, attention à vos yeux, éloignez les enfants de l'écran d'ordinateur.

Ok, dire « Nadine toujours aussi grotesque.... Quel ramassis de baltringues ce gouverement Sarkozy de M.... “, ça révèle de la simple liberté d'opinion, et s'attaquer à ce genre de commentaires serait de la censure.

Par contre moi je trouve que c'est normal d'aller chercher et condamner le mec qui déclare que ‘on dirai une vieille salope qui c'est pa fai sauter depuis un bon moment.....’ (sic) ou ‘Quelle pouffiasse ! Le plus con des nazes ne voudrait même pas biter cette morue, même avec 10 capotes, de peur de contacter sa connerie.’ (re-sic) ; le pire c'est ‘j'ai autant de mépris pour cette pute franc-maçonne qui veut confier des enfants à des pervers sexuels que pour ces journalistes pédérastes à la bouche dégoulinante de sperme.’ Non, vraiment."

Sur : Ces démocraties qui surveillent Internet d'un peu trop près

"Un des pays cités dans la liste comme des douze plus grands ennemis d'internet, c'est la Tunisie. J'ai passé des vacances là bas chez des potes tunisiens, et j'ai un peu halluciné. Evidemment, en tant que "pirate" à mes heures perdues, me suis amusé à contourner la censure web, mais c'était pas évident. Pour la taille du pays, ils sont drôlement opé et ils mettent les moyens - deuxièmes derrière la Chine à mon avis. Que je vous explique, histoire que vous voyez à quoi peut ressembler un de ces pays.

Bon, d'abord, toutes les requêtes http, si on les trace, passent forcément par un serveur appartenant à une mystérieuse organisation publique tunisienne. Donc d'une, ils ont tout votre historique web, et de deux, facile pour eux de contrôler quelles sont les pages accessibles ou non. Les non accessibles renvoient une bête erreur 404. Qu'est-ce qui n'est pas accessible ? - Truc balot, youtube et dailymotion sont censurés. Ben oui, incontrolable le contenu sur ces bidules là. Donc pas de vidéos pour les tunisiens, d'abord ça sert à quoi, hein. - Après, forcément, toute l'info pas très gentille concernant la Tunisie, genre celle ou on laisse entendre que c'est une dictature, donne aussi la bonne vieille 404. Ce qui est incroyable, c'est le degré de finesse du contrôle, qui laisse imaginer une armée de cyber-cenceurs : un site d'info peut être accessible, mais pas les informations « sensibles ». Genre, je vous parie que rue89 sera accessible demain mais pas cet article. - Et évidemment, toutes les infos techniques qui permettraient éventuellement de contourner ce contrôle sont censurées, et la guerre est aussi déclarée aux moyens techniques qui permettraient de le faire, comme l'accès aux proxys à l'étranger. Faut pas déconner non plus.

Deuxième chapitre encore plus retors de la cyber-censure tunisienne, c'est la propagande web 2.0. C'est à dire, des mecs sachant très bien écrire, connaissant le web, se comportant comme un quelconque internaute, mais payés par le gouvernement pour arpenter les forums ou tout autre lieu d'expression et y chanter les louanges de Ben Ali, alelouïa - et aussi cafter les méchants rebelles. A ce titre, la guerre d'édition concernant la Tunisie sur wikipedia francophone est révélatrice. Prenez cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%.... Vous n'avez pas l'impression que dans l'introduction les critiques sur les élections ont été introduites au forceps ? Bien vu, d'ailleurs ce paragraphe a failli sauter un bon nombre de fois sur l'intervention de gentils wikipédiens tunisiens qui ne voulaient pas en voir l'intérêt. Je sais pas, par exemple, prenez un certain Moumou82 qui a des centaines de contributions wikipédiennes concernant la Tunisie à son actif, je ne peux pas m'empêcher de le voir comme suspect son acharnement à présenter le climat politique en Tunisie comme parfaitement démocratique...

Voilà, c'ètait juste pour que vous voyez à quoi éventuellement ça pourrait resembler, mais hein, y'a pas de risques par ici."

Et pour finir sur quelques liens, un mail envoyé sur la liste de diffusion agro après qu'aient été évoqués successivement le pape, les capotes et la schtroumpfette :

"Puisqu'on est dans le thème schtroumpfette.... Pour détendre l'atmosphère, une bédé de Boulet avec un bonus "schtroumpfette zombifiée le sein à l'air" à la fin : http://tinyurl.com/cnjnvl Vous voulez d'avantage de schtroumpfs et de sang : http://tinyurl.com/642puv (les "smurfs", c'est les schtroumpfs en anglische). J'aime particulièrement l'affiche "schtroumpf à lunettes se prend pour Pol Pot"

Puisque le temps est aux zombies,avec les ordis infectés par Conficker (qui n'attaque que windows qui est un OS de merde, faut-il le rappeler), petit blog qui zombifie son monde: http://portraitsaslivingdeads.blogs...

Vous pouvez accompagner ça en musique, avec quelques reprises. Inspecteur gadget en punk : http://www.zvok.fr/?p=478 Dallas en mode reggae tranquilou : http://www.zvok.fr/?p=359 (Daaaa,laaas, ton univers impitoya,a,bleuh !)

Sinon y'à Failbook qui a repris mais ils ont changé d'apparence et de nom après leurs problèmes avec Facebook: http://www.failand.fr/

Bédé de geek sur les stats : http://xkcd.com/552/ et sympa en temps de césure : http://xkcd.com/77/

Lien pour les zamis des zanimaux, je sait qu'il y en a, inutile de vous cacher : http://www.bestweekever.tv/2009/03/...

On peut voir aussi autre chose que des conneries sur internet, je vous rappelle. Si vous voulez en savoir plus sur l'économie et le biz http://sobiz.over-blog.com/ ("Sobiz, le bussiness expliqué à ta soeur !") Ou vraiment sérieusement, un bon site d'infos sur l'amérique latine, en français et en espagnol s'il vous plait : http://www.alterinfos.org/

Et ta schtroumpf, elle envoie des liens ?

Vince"

Et vraiment pour finir :

Je suis à la une du site http://www.amelatine.com/ ce mois ci.

Des blogs de mes potes agros, j'adore celui de Virginie (retrouvée à Buenos Aires il y a quelques mois, rappellez-vous !) qui sauve le monde depuis une coopérative agricole près de Reims : http://emois-remois.over-blog.fr/. Pour avoir la réponse à la devinette suivante : « Ma maman, ex-star de la télé-réalité, inculte, mal-élevée et raciste, est morte d'un cancer quand j'avais 4 ans. Mon papi était un junkie délinquant. Mon père est un ex-tolard. Ma grand-mère est une lesbienne manchote. Toute l'Angleterre connait ma vie. Mais, grâce à Maman, je suis plein aux as, mon avenir est assuré. Vais-je devenir un gamin équilibré ? », rendez-vous sur son site. Vous pouvez aussi lire http://lacocaolamuerte.wordpress.co..., des étudiants en dev' agricole "à la rescousse des pécos Boliviens" !

Je rappelle que vous avez le droit de cliquer sur les liens à gauche. Par exemple, Thiago est arrivé à Ushuaïa à vélo et remonte à présent le Chili....

Je sais, je n'ai pas actualisé la page "où est Vincent" depuis longtemps. Toujours à Santiago, km 6200 et des poussières. Scoop : j'ai mon billet de retour : j'arrive le 1er septembre à Paris. Quand on voudrait que le temps soit extensible...

samedi 21 mars 2009

Petite fable écrite à la va vite

Ben oui, j'ai aussi le droit de publier ici des choses qui n'ont rien à voir avec mon voyage. J'espère que ça vous plaise, et vous, vous pensez quoi d'HADOPI ?

Petite fable écrite à la va vite

Dans un royaume fort lointain... se trouvait une ville, le nom j'ai oublié, et dans cette ville une petite place. Cette place n'avait strictement aucun intérêt, et à vrai dire, à cette époque là, personne n'y passait. Or voilà l'histoire. Le boulanger du coin était un homme talentueux. Pas pour son pain (le truc vendu à 0,90€ la baguette et deja tout sec le lendemain) : non, l'homme à ses heures perdues était un artiste. Un sculpteur. Franchement mon frère, tu voyais une de ses oeuvres, tout de suite t'avais envie de chialer tellement c'était beau. Bref, lui vint l'idée d'installer sa meilleure sculpture au milieu de la plaçounette (la petite place quoi). Et, un petit reportage dans le JT de 20h aidant, une foule vint sur la place admirer l'oeuvre, puis les jours suivants quelques personnes prirent l'habitude d'y aller pour manger leur sandwitch à la pause de midi.

Mais faut avouer, le boulanger était un peu dégoûté, parce que les gens avaient beau adorer son oeuvre, ça ne lui rapportait pas un sou. Et lui trouvait ça un peu con, parce qu'il n'avait pas vraiment le temps entre deux fournées de baguettes de faire des nouvelles sculptures. En d'autres mots, l'homme voulait vivre de son art. Un voisin commercial lui proposa donc cette brillante idée : il instaure pour le boulanger un droit d'entrée sur la place de dix sous, et il reverse au boulanger un sou par entrée. Quoi, franchement, 10% c'est plutôt un bon deal, et puis faut payer l'employé à l'entrée tout ça, on crée de l'emploi là mon gars. Le boulanger accepta, et le voilà devenu sculpteur, vivotant plutôt que vivant, mais tout dédié a son art. Merci le voisin.

Attention, voici arriver les héros de cette histoire. Une bande de jeunes (sûrement immigŕes du royaume d'à côté) voulaient admirer cette fameuse sculpture dont tout le monde parle en ville, mais sans aucune envie de payer quoi que ce soit. Les mecs ingénieux : hop, on soulève une plaque d'égout dans une rue adjacente, et par les souterrains on arrive jusqu'à la place, faut juste être discret en remontant. Il partagèrent avec leurs amis le bon plan. Et un jour, ce qui devait arriver arriva : deux compères se firent prendre en flagrant délit de remontage sur la place par une plaque d'égoût sans payer le droit d'entrée. Haaan.

Main dans la main, le commercial et le boulanger-fait-sculpteur les assignèrent en justice pour vol. Anecdote intéressante, pendant le procès, un des jeunes se défendit ainsi : "franchement, je trouve que c'est un peu abusé de parler de vol, quoi, la sculpture elle est toujours la". Le sculpteur lui répondit : "je veux bien, mais si tout le monde fait comme toi, bientôt il n'y a plus de sculpteurs en ville, tu sais". Le jeune réflechit et admit que le sculpteur avait besoin de bouffer et que c'était une meilleure chose qu'il dédie sa vie à l'Art plut qu'à faire un pain dégueulasse. "Et pourquoi la ville ne récolterait pas un impôt spécial sculpture, le reverserait aux créateurs pour financer la création, et comme ça on pourrait aller librement voir les oeuvres ?". L'avocat du commercial rétorqua que c'est inapplicable comme système et les fonctionnaires, tous des glandeurs.

A la fin du procès, on coupa donc la main droite des deux délinquants, ce qui était le sort réservé et merité des voleurs dans ce royaume là. Le commercial vécu longtemps et eut beaucoup d'enfants, le sculpteur fut arrêté et torturé pendant la dictature militaire, et les deux jeunes manchots créèrent un système d'exploitation type Unix. Fin de l'histoire, à vous de trouver la morale, si c'est qu'il y en a une.

mercredi 11 mars 2009

Correspondances #1

Je suis de loin meilleur pour tenir une correspondance que pour tenir un blog. Ici, il faut le dire, je fais un effort. Alors que quand je m'adresse à quelqu'un en particulier, et que de mail en mail une conversation se développe, ça vient tellement tout seul !

Je vais donc faire ici de temps en temps un peu de copier coller de mails (avec un droit au recoupage habile pour préserver la vie privée) qui en diront un peu plus sur ce voyage. Commençons par cet échange récent, sur plusieurs mails, avec un ami que je nommerai AyaMC (pourquoi ? lui sait !)


AyaMC : Un mot de la part d'un Arabe qui suit toujours ton pelerinage, compinche - foireux surement, mais y a t-il un autre terme moins galvaudé que 'amigo'??

Moi : Nan, ca passe ! Anecdote, juste en passant : je suis au Chili, à l'instant, des djeuns en mode "on a plein de percings partout des sacs à dos de rando et on fait la manche dans la rue" (ouais, presque les mêmes que chez nous). Classique : "eh, mec, t'aurais pas une petite monnaie ou une clope ? Et... en fait, t'es d'où toi ? Argentine, Uruguay ?" "non, Chili, pourquoi ?" "ah, nan, pasque t'as une tête de Che". !!!

AyaMC : J'attends impatiemment de te retrouver pour en parler longuement; en lisant ton blog, je me surprends à me dire "ah ouais, développe??" sur plusieurs aspects de plusieurs histoires, mais je ne veux pas t'obliger à répondre à tous les mails "particuliers", j'imagine que t'en sortirai plus... Seulement je crains qu'à ton retour, la somme de ce parcours existentiel soit telle qu'elle devienne incommunicable. Je te vois bien genre, autour d'un café au 3PC, ne répondre à mes interrogations et à mes remarques que par un sourire condescendant et des yeux yodaïques, tendance "tu n'es pas prêt, jeune padawan..." :)

Moi : Mais si je m'en sors très bien, c'est pas la folie furieuse sur ma boîte mail en ce moment. Je me ferai donc un plaisir de répondre à chacune de tes infimes questions. D'ailleurs, c'est plus facile de raconter des trucs à partir de questions que à vide. Donc vas-y, balance...

AyaMC : Dans les questions particulières y a par exemple en vrac: est ce que t'as rencontré des djeuns locaux pour lesquels tu t dis "waa, ils sont vraiment sur un autre mode"?

Moi : Mmh. Des jeunes, au final, j'en ai pas cotoyé tellement que ça. J'y pense, cette impression vient peut-être du fait que ce sont des pays où il y a une séparation de classes violente. Les 20-30 ans de la classe pauvre travaillent, ont des gamins, etc, donc ont la même vie et la même mentalité que leurs ainés, ils ne forment pas une classe à part, les "jeunes". Chez les prolos, ils y a les enfants et les adultes, point. A côté, il y a la jeunesse de la classe riche et de la classe moyenne. Ces derniers mois, c'était les vacances pour eux et je suis peu resté dans les endroits vraiment de tourisme djeuns. Je ne suis plus tellement que ça dans le mode "on est jeunes, on est cons, on réflechit pas trop puisque ce qui importe c'est faire la fête et balancer de la grosse cumbia depuis les hauts parleurs de la caisse pendant toute la journée en buvant des bières". Ouais, le jeune ici sait être bien beauf. Oh, et la télé, ici. Ouh, ça va encore plus loin dans la décérebralisation que chez nous. Un truc rigolo, c'est qu'elle se fait le relai et amplifie le phénomène des "tribus urbaines", grosso modo les mêmes que chez nous, ce qui me donne un sentiment de kitch contrefait. Bon, faut voir que la mondialisation provoque une très forte homogénéisation des esprits, au moins sur certains aspects.

Ah, un truc qui fait mal souvent, c'est que des jeunes qui sont comme toi et moi, éducation semblable et tout, savent et intègrent qu'ils sont dans un pays du tiers-monde, et que du coup, ils ont un pouvoir d'achat mondial très inférieur au tien. Par exemple, même pour quelqu'un qui sort de l'université, voyager en Europe est un rêve inaccessible... Pour l'instant, du sud du Brésil au Chili en passant par l'Uruguay et l'Argentine, je n'ai pas eu un choc culturel monstre (le seul choc étant le fossé socio-économique); je trouve que dans sa pensée, ses idéaux, sa culture, ces sociétés sont très "occidentalisées" - penchant soit vers l'Europe soit vers les USA. Cela rend, peut-être, encore plus injuste ce fossé entre les pays : même culture, mais né dans le mauvais hémisphère. J'anticipe avec impatience la Bolivie et le Pérou : vais-je ressentir un vrai choc culturel, non dû exclusivement à la misère mais aussi à une façon différente de penser ?

J'ai gardé un souvenir assez fort de Luís et de Joaquin avec qui on a fait le tour de la péninsule Valdés. Dans le genre alternatif néo-hippie, ils étaient assez forts. Ce n'était pas tant dans le discours et dans l'apparence que dans la façon de se comporter au quotidien. Ce qui m'a impressioné, par exemple, c'est qu'ils n'emportaient presque pas de matériel, et que ce qu'ils avaient était de mauvaise qualité (paye tes vélos et tes sacoches grave à l'arrache !), mais que par contre ils étaient super calés sur la nourriture. En fait, ils n'emportaient que des produits végétaux non conditionnés plus une grille à barbecue et une casserole. Prends tes lentilles, ton riz, quelques trucs bons à mettre dedans, ta farine de blé et ta levure pour faire du pain, ta salade qui se conserve bien (du chou), un peu d'huile, de sucre, etc... Et après, juste, n'importe où ils se démerdaient pour faire un peu de feu et préparer une vraie bouffe (et pas de feu, pas de bouffe). Le truc, c'est qu'au final, c'est meilleur, moins cher, t'es plus calé, et ça occupe moins de poids et d'espace... Et là on apprend le sens du partage. Je veux dire, on a passé cinq jours en autonomie et éloignés de la civilisation. Dans ces circonstances, la propriété personnelle ne veut plus rien dire, tout ce qu'on a (et le plus précieux est l'eau et la nourriture) devient un bien commun de la "tribu". Et après, on se démerde pour voir qui porte quoi, en fonction du poids, de la fatigue de chacun...

Aussi, dans le genre cycliste félé "il en faut peu pour être heureux", je trouve que Pablo, croisé dans un camping en Argentine, faisait fort. Le truc, quand même, c'est qu'il dormait avec un sursac de bivouac, tu sais, un truc impérméable qui s'enfile par dessus le sac de couchage, tu dors donc à la belle étoile en permanence, même sous la pluie. Il est allé et revenu jusqu'à Ushuaïa. Moi je suis impressionné, parce que pour dormir et se reposer convenablement dans ces conditions, il faut quand même une belle force d'esprit... Ah, et il n'avait presque pas d'argent, donc la bouffe et l'eau au fur et à mesure.

Et y'a tout ce qui est idées politiques etc. Là, n'empêche, y'a des différences. Par exemple, y'a pas mal de jeunes qui se prétendent communistes. Mais l'onde de choc de la chute de l'URSS n'est pas arrivé jusqu'à là, c'est trop loin, ils n'ont donc pas intégré dans leur pensée ce désenchantement du "d'accord, c'est bien joli tout ça, mais dans la pratique ça ne marche pas et ça emmène vers un totalitarisme foireux". Sinon, les latinos-américains sont très nationalistes. Un exemple con : le drapeau est très in. Y'a pas de honte, par exemple, dans un bar-salle-de-concert-branchouille-alternatif-ska-latino à avoir accroché au mur un énorme drapeau du pays. Quand t'y penses, chez nous, tout de suite tu sais que t'es dans un bar d'extrême droite... Parfois, je suis aussi impressioné par le conservateurisme "on est pas passé par mai 68". D'un côté le contact (et parfois d'avantage) est très rapide et tu peux te dire que tu es dans une société ultra libérale du point de vue des moeurs, et de l'autre je suis surpris de trouver de la morale catho-familiale chez des jeunes qui ont l'air comme toi et moi. C'est simple : généralement tu vis chez ta famille au moins jusqu'au mariage, souvent mème après. Et ce n'est pas rare de te marier à 20 ans.

AyaMC : Est -ce que finalement t'as l'impression d'avoir été beaucoup seul, dans la mesure ou yav Thiago - qui a l'air supa fresh au passage - et d'autres pendant un bon moment? En fait faut aussi voir qu'avec ton blog on a l'impression probablement trompeuse, que t'es souvent avec des gens...

Moi : Non, je n'ai pas eu l'impression d'avoir été beaucoup seul. Je vais même jusqu'a devoir la rechercher, la solitude. Une chose qui m'a manqué pendant longtemps : la musique. J'ai perdu mon mp3 en Argentine, et je viens il y a quelques jours de me décider à en racheter un. Après, les journées en solo à pédaler, j'aime bien, mais avec de la musique, ça prend une toute autre dimension : là, c'est vraiment bon.

J'ai des contacts avec des personnes en permanence. Au moins, pour ce qui concerne la base eau-nourriture-hébergement. Ces derniers temps, j'ai été un peu flemmard, donc pour tout ça j'ai d'avantage tapé dans les solutions commerciales. Sauf l'eau : deux fois par jour, je demande donc à remplir ma bouteille quelque part. Je crois que je suis immunisé maintenant face à une bonne gamme de microorganismes qui peuvent patauger dans la flotte... Bref, les gens sont curieux, tu sais, il n'y a pas un seul commerçant qui ne me demande pas mon histoire. Maintenant, j'abrège, j'afadis, j'adapte de façon à couper le flot de questions. "Et tu viens d'où ?" La question chiante, surtout au Chili : j'ai un accent chilien mais avec une grosse pointe d'autre chose, donc pour justifier ça faut que j'explique que je suis moitié moitié, etc. Le truc, c'est que pour les personnes normales, raconter ma vie, c'est bien, ça les fait rêver, mais quelque part je ne peux jamais vraiment exprimer le fond de mes sentiments. Je me borne donc à "conter", à faire le troubadour de ma propre histoire. D'ailleurs, c'est ce que je fais sur mon blog : si je ne met pas beaucoup, c'est que j'ai une haute conscience qu'il s'agit d'un média public. Il y a donc une différence entre mon vrai voyage - intérieur - et le joli carnet de voyage que je publie. Ca me fait penser à ce que m'avait dit Philippe, le belge : nous incarnons le parfait stéréotype du "voyageur aventurier", en réalité une belle publicité vendue par les médias, qui nous ont aussi inculqué le sens de ce qui doit être beau (genre la plage tropicale au Brésil, en gros les endroits naturels avec plein de soleil oú la vue porte loin) et ce qui ne l'est pas (le champ de betteraves entre Plaisir et Versailles). De la même façon qu'on essaye de te convaincre qu'en achetant Mir lave plus blanc tu auras une vie familiale heureuse et épanouie, il y a cette image du mec qui trouve le parfait bonheur et liberté en arrivant sur cette plage tropicale. Pourquoi ? Je participe à ça avec mes photos, mon récit, j'en suis conscient.

Ce qui m'interesse, plutôt, c'est que les gens me parlent d'eux. Ca arrive assez souvent. Un voyageur, c'est pratique : on peut se livrer à lui à coeur ouvert, ça fait du bien, et on ne le revoit plus après. Mais je répugne après à livrer l'intimité de ces personnes sur le web. Où alors, j'adapte un peu, je passe des choses sous silence, encore.

Bon, donc je cotoie et je parle avec des personnes en permanence. Mais je n'ai pas si souvent que ça l'occasion de livrer vraiment le fond de ma pensée, ça n'arrive que de temps en temps avec des voyageurs avec qui j'accroche bien. Au fond, cela ne diffère pas tellement que ça de la vie normale.

AyaMC : Et sinon comment ça se passe du côté des filles t'as croisé? Tu joues un peu sur la fibre che, le côté "no mi corazon, jdois partir, continuer ma route " le regard au loin et tout? ;)

Moi :

Passage coupé ;-)

Oh juste, y'a des blogs rigolos sur le net, sur le Vénezuela tu devrais beaucoup aimer http://elsalsero.canalblog.com/ (le mec a un lien vers le site du NPA dans sa blogroll, pour situer). Aussi pour rigoler avec l'ami Ramadan http://www.com-vat.com/commvat/2009...

merde le cyber ferme

AyaMC : Concernant les sites, sympa le centriste mythomane qui se méfie de ramadan sans savoir vraiment pourquoi. Je comprends que les mots 'intelletuel' et 'arabe' mis ensemble ça foute un malaise, mais de la à lui attribuer des propos sortis de nulle part just pour faire genre jrenvoie dos à dos les fachs et les barbes, c qu'il a pas grand chose de fun à mettre sur son blog :( Celui d'elsalsero a l'air sympa, c vrai que du peu que j'en ai lu dernièrement - i.e. ya qq mois - libé est vraiment limite concernant chavez et morales... Ce n'est même plus une question de gauche ou droite, ils sont vraiment dans l'intox la plus grossièrement atlantiste, et j'avoue je ne vois pas bien où ils veulent en venir... Tu prévois de passer quand au venezuela en fait, - grosso modo?

Moi : Je ne suis pas sûr de passer au Vénézuela... Un peu loin de ma colonne vertébrale andine, malheureusement. Quand même, sur "l'intox" sur Chavez, les médias sud-américains font laaargement pire que libé. Genre, la principale chaine d'infos argentine, lors du référendum, titrait sur son bandeau : "Chavez, le dictateur". Y'à vraiment un acharnement sur le mec. Après, faut avouer qu'il part un peu en zguèg, je sais pas si t'as déjà parlé avec un vénézuelien, mais la plupart estiment que c'est un fait, la liberté politique est désormais très faible au Vénézuela, et que Chavez ne lachera plus le pouvoir. On m'a raconté des répressions assez violentes de manifestations anti-chavistes pourtant pacifiques... A côté de ça, il parait que Chavez met en place des politiques franchement populistes ou dit des conneries à oublier le "chaque élève de CM2 devra parrainer un enfant mort de la Shoa" de Sarkozy. Enfin, le blème, c'est qu'il est assis sur un tas de thunes (le pétrole) qu'il se contente seulement de redistribuer, c'est bien mais ça ne fait pas une politique à long terme. Je sais, t'as de la sympathie pour les idées du mec et tu trouves que c'est cool qu'il y ait une grande gueule comme lui au niveau mondial, mais faut avoir les yeux en face des trous, ça a dérivé vers un autoritarisme. C'est dommage.

AyaMC : J'ai l'impression que t'as un peu réorganisé ton calendrier...J'imagine qu'y aura d'autres endroits où tu voudras rester plus longtemps que prévu, ce qui se comprends... Dis mec, est-ce que t'as lu 'race et histoire' de Levi Strauss? Je pense que cet auteur t'interesserait, particulièrement dans le cadre de ton trip actuel. Il a aussi une autobiographie romancée, intitulée 'Tristes Tropiques', qu'on dit sublime mais que je n'ai pas lue. Si t'arrives à trouver un de ces livres en espagnol, je te conseille...

Moi : OK, je met ça dans la liste de lecture. Mais y'à déjà "les veines ouvertes de l'amérique latine" et un truc argentin, et toujours le "au delà du bien et du mal" de Nietzsche en portugais qui définitivement est assez dense.

AyaMC : Tiens, un site de félés dans ton genre http://toutenmarchant.free.fr/itine... là en fait si je mets vite fait entre parenthèses le respect que je dois à ton entreprise j'ai presque envie de dire "ptit joueur" ;)

Moi : Trop facile. Tu remarqueras que eux aussi ont bien pris du retard !!! "Mi-février à mi-mars 2009 : Traversée du Kirghizistan." Et ils sont à Ankara...

Maintenant que je suis un fêlé dans ce genre, je suis un peu critique de ces projets. Enfin surtout ceux qui prétendent tracer une ligne droite entre deux points, sans se donner le temps de vadrouiller dans la région... Le but n'est pas la performance sportive, d'accord pour un mode de voyage "à rythme humain", mais dans ce cas il faut prendre le temps correspondant. C'est désormais ce que je vais faire : tracer en stop ou bus puis me choisir des zones pour pouvoir faire du vélo. La plupart des voyages de ce genre là sont prévus avec un timing trop serré, par méconnaissance de ce qu'est le vrai voyage, le mien n'échappe pas à cette règle. Remarque, une fois de temps en temps la recherche de ses propres limites pour être pour une fois face à soi-même, c'est bien aussi. Pour ça, j'aime bien les déserts, ça m'attire, là je vais m'y retrouver à nouveau, et ce coup-ci tout seul, j'anticipe avec joie.

Un truc qui m'a fait vraiment me sentir mal à l'aise, c'est voir que y'a un de ces "grands voyageurs" avec un site web tout bien comme il faut qui est clairement un mythomane, lui http://www.jeangabrielchelala.com/i... . Ca c'est beaucoup discuté dans les chaumières, pardon les forums webs genre là http://voyageforum.com/voyage/exped... . Vraiment mal à l'aise, parce que ça me renvoie en miroir ma propre situation. Le côté rural et "j'irai dormir chez vous" je l'ai délaissé, je me suis laissé entrainer par la facilité de voyager, et ça ça m'incommode parce que c'est me trahir moi-même autant que les gens qui suivent mon voyage.

Je ne sais pas si tu vas voir de temps en temps ma blogroll (à gauche en bas) mais y'a des gens bien dedans - ou en tout cas qui ont l'air. Un de mes préférés c'est http://nomadno.over-blog.com/ et aussi http://www.rouletabosse.com/ . Deux mecs talentueux, chtarbs, voyageurs sur le long terme.

Bon, voilà.

AyaMC : ++ mec

Moi :Chao !

mercredi 18 février 2009

Boîte de réception

Pour vous dire comment mon hébergeur est quelqu'un de bien, voici ce que je reçois dans ma boite de réception. Je ne comprend pas pourquoi ce monsieur n'a qu'un seul abonné actif (moi). Attendez, avec comme slogan commercial, "chez nous, on poutre des Ours !", ça devrait être un must de la blogosphère...

"Chers abonnés,

Nous vous informons que le service de nolizard.org a subit une mise à jour majeur dans les dernières heures. Le système de blog, DotClear est maintenant disponible en version 2.1.5.

Merci de nous communiquer tous désagréments.

Par ailleurs, suite à vos recommandations, un nouveau plugin est accessible depuis votre panel d'administration. Il s'agit de l'extension dcFlickr vous permettant en quelques cliques d'additionner des images depuis votre compte Flickr.

Enfin le blog de M. VinceDeg (http://vincedeg.nolizard.org) a lui aussi subit une modification, de style et de navigation. Vous pouvez maintenant cliquer sur l'image (refaite) du titre. Ci-joint une comparaison des images.

Pour toute suggestion, n'hésitez pas à nous contacter.

Happy Bloging, Toute l'équipe de Nolizard,

-- Nolizard,
-- Chez nous, on poutre des Ours !
--
-- Et, ça, toi même tu sais !"

EDIT : une rumeur court comme quoi il semblerait éventuellement possible que le grand manitou de la lizardosphère soit disposé à accueillir d'autres blogs pour une somme modique (aux environs de 0€/an TTC), sous réserve de présentation d'un projet "qui envoie du fat" (sic) et sous le jugement complètement arbitraire dudit manitou. Contact via http://nolizard.org

dimanche 15 février 2009

Quelques détails plus ou moins anectodiques sur l'Argentine

Le moment est donc venu de quitter l’Argentine - en réalité pour la deuxième fois puisque j’ai parcouru une partie de la Patagonie chilienne - après y avoir passé plus d’un mois et demi, et ayant été entrainé beaucoup plus au sud que prévu. Un pays se raconte difficilement, mais voici cependant quelques faits :

  • C’est très grand et très vide, en somme, comme pays. Ils sont 40 millions sur une superficie grande comme 4 fois la France. Oui mais voilà, un bon tiers d’entre eux habite à Buenos Aires, ce qui ne laisse pas grand monde sur le reste du territoire. D’autant plus que cette structure se répète à l’échelle des provinces : le Chubut, presque aussi grand que le Royaume-Uni, ne compte que 400 000 habitants, dont 300 000 répartis sur trois villes… (oui j’ai traversé ça à vélo)
  • C’est un pays européanisé, du moins du point de vue des traits physiques (comme aux Etats-Unis, les indigènes et leur culture ont été consciencieusement éliminés). Et franchement, ils sont super beaux, les argentins ! Ils ont pris le meilleur de l’Italie, de l’Espagne et de la France (mention spéciale pour les jambes des argentines)
  • Les argentins sont amicaux et gentils. Et qu’est ce que ça fait du bien ! Toujours un grand sourire, un vrai “salut, ça va ?” comme si on était potes de dix ans où que l’on aille (y compris dans les commerces). C’est une autre attitude, difficile à expliquer, ou alors c’est notre culture qui est difficile à expliquer : pourquoi doit on mettre une espèce de froide barrière quand on ne connait pas les gens ? Les relations sociales vont beaucoup plus vite. Et je disais, ils sont gentils. L’icône absolue argentine, c’est le gaucho, l’homme de la pampa, toujours prêt à rendre un service puisqu’il vit dans des conditions naturelles difficiles. Rendre un service se dit donc faire une “gaucheria”. Quel pays qui erige la gentillesse et la générosité en archétype ! Par exemple, nombre de magasins de vélos ont insisté pour que je ne paye pas les menues réparations.
  • Les Malouines sont argentines. Plus précisément, “elles furent, elles sont et elles seront”. Ca ne se discute pas.
  • Les argentins sont fans absolus des Simpsons, du genre à connaître tous les épisodes par cœur. Commentaire de Virginie, copine agro retrouvée à Buenos Aires : “chais pas, ça doit plus les toucher, comme humour”.
  • Bien entendu, ils consignent les bouteilles. Quel pays au monde ne consigne pas les bouteilles, à part la France ?!
  • La bouffe et la boisson. Dans les clichés, c’est vrai, la viande argentine est vraiment très bonne (et pas chère). La grande joie de l’argentin, c’est pouvoir taper l’asado (le barbeuc’) le dimanche midi avec les potes et la famille. Sinon, c’est la sainte trilogie dulce de leche, empanadas et maté, que l’on retrouve aussi en Uruguay et au Chili. Le dulce de leche, c’est de la confiture de lait, à tartiner abondamment ou a mettre dans n’importe quel biscuit. Les empanadas sont des chaussons de pâte frite ou cuite au four remplis de viande, de fromage, de jambon… A prendre à emporter à midi.
  • Le maté mérite tout un chapitre. C’est une boisson à base d’herbes assez amères, qui se boit dans une petite calebasse à l’aide d’une espèce de paille filtrante en métal. Comme ça, ça fait un peu vieille tradition qu’on raconte aux touristes, mais non, pas du tout, tout le monde en boit en permanence, le maté est terriblement in. Au bureau, à la plage, en voiture…. On rajoute de l’eau chaude au fur et à mesure, ce qui fait que tout argentin a dans une main la calebasse, dans l’autre un thermos (je me demande comment ils faisaient avant le thermos). Surtout, le maté est une activité sociale et conviviale, le pot à maté tournant de main en main (avec tout un tas de règles super compliquées), et c’est là tout l’intérêt de la chose. Max me faisait remarquer que ça remplaçait avantageusement chez eux le fait d’aller au bar : on veut se retrouver avec des amis, on invite quelqu’un chez soi, on prend un maté. Les argentins sont donc beaucoup moins alcooliques que dans nombre de pays.
  • Les villes ont toutes un plan en rue perpendiculaires, dessinant des “cuadras” d’une centaine de mètres. Au moins on ne se pert pas. L’avenue du général de Gaulle s’appelle avenida Mitre, généralement.
  • Pour les “portenos”, les habitants de Buenos Aires, le reste du pays est un tout uniforme appelé “interior”. L’habitant de l’interior trouve que le porteno est arrogant.
  • Souvent, les prix des choses ne sont pas indiqués (y compris dans certains petits restaurants). Ca permet de pratiquer un prix spécial gringo. Mais ils croient vraiment que je ne le sait pas quand ils le font ?
  • Les camionneurs sont sympas, les chauffeurs de cars essayent d’écraser les cyclistes (surtout dans les lignes droites quand personne ne vient d’en face, le moment compliqué pour faire un écart quoi).
  • Personne n’a de pièces, surtout pas les commerces. Ca en devient difficile de payer certaines choses, les commerces n’acceptant pas quand on ne fait pas l’appoint et les clients n’ayant pas non plus de pièces, du coup. C’est un vrai problème à l’échelle nationale. J’ai demandé si c’était vraiment compliqué que la banque centrale frappe des monnaies et les échange contre des billets, on m’a répondu que tout ce qui implique le politique ici est très compliqué.
  • Ils sont très, très blasés des politiques, tous corrompus ! Blague locale : un élu argentin va rendre visite a un élu français, dans sa magnifique villa provençale. “Mais d’où as tu sorti l’argent ?” “Tu vois le pont, là bas ? Ben c’est 10%” “ah….. bon”. Le français est ensuite invité en argentine. Il est aussi impressionné par la maison : “et alors, toi, t’as fait comment ?” “ben, tu vois ce pont ?” “…. mais…. quel pont ?”. Un argentin m’a dit : “c’est juste qu’on ne comprend pas : on exporte du gaz, du pétrole, des produits agricoles en masse, on a plutôt un bon niveau de formation… T’as pas l’impression qu’il n’y a pas les mêmes choses des deux côtés du signe égal ?”. Auparavant il y avait une vraie classe moyenne argentine, qui semblait progresser; or celle-ci s’est effondrée, et la crise de 2001 n’a fait qu’empirer les choses.
  • Ils disent vraiment “Che” en permanence, les argentins, c’est trop cliché (Ernesto Guevara a gagné son surnom à cause de ça). C’est l’équivalent aproximatif de notre “mec”. Sinon, les “tu” se transforment en “vos” et ils prononcent les “ll” et les “y” comme nous on dit “ch”, “je m’appelle” devient donc “cho me chamo”. Charmant.

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